La bataille municipale 2.0

Les élections municipales se jouent aussi sur Internet. Le développement de la communication digitale est au cœur des stratégies des candidats à la municipalité de Lyon. Tour d’horizon auprès des équipes du Front national et du centre.

Social media icons on iphone

            A qui twittera le plus vite ? Tel pourrait être le nouvel adage des campagnes électorales. Internet et les réseaux sociaux sont devenus aujourd’hui des fleurons des stratégies de communication. Et les candidats à Lyon n’y manquent pas. Si l’équipe du maire sortant, Gérard Collomb, reste muette face aux stratégies déployées, d’autres candidats aux opinions et techniques de communication diamétralement opposées se livrent à quelques confidences. Tandis que l’équipe de Christophe Boudot (FN) s’inscrit dans la stratégie nationale du Rassemblement Bleu Marine. Eric Lafond (centre) quant à lui, s’entoure de personnes se revendiquant comme « non-professionnels de la politique ».

Sensibiliser les jeunes

            «Voter c’est tweeter en vrai ». Voilà l’un des slogans  mis en avant par le gouvernement pour lutter contre l’abstention chez les jeunes il y a quelques semaines. Les réseaux sociaux seraient donc un moyen de concerner les jeunes. Et cette  logique semble totalement intégrée par certains candidats Lyonnais.

            On le sait, les jeunes sont des fervents utilisateurs des réseaux sociaux. La circulation des informations par le biais d’internet vise donc à les sensibiliser à la politique locale. « Il [Twitter] a permis de toucher des cibles que les partis politiques ne touchaient pas directement auparavant », explique le directeur de  la communication digitale de la liste Lyon Bleu Marine. Twitter sert de relais pour la diffusion de l’information. « On se sert aussi de Twitter pour montrer qui on est, faire savoir qu’on existe ». La vraie utilité de Twitter est de permettre de toucher des tranches de la population qui ne sont pas présentes habituellement sur les lieux de tractage. Le chargé web du candidat centriste insiste : « Il est crucial d’être bien représenté sur les réseaux sociaux, pour ne pas se couper de cette population ». Facebook est le deuxième réseau social le plus prisé et ce notamment par les « gros » candidats. En témoigne Gérard Collomb, qui compte près de 10 000 abonnés, quand les autres atteignent péniblement les 2500. Cette différence est expliquée par Antoine Cagne le chargé web du Centre. Pour lui Facebook est beaucoup plus de l’ordre personnel. Il préfère donc miser sur la création de pages en rapport avec le programme pour obtenir plus de « likes », comme pour le projet d’aérotram développé par Eric Lafond . Au Front national, on est conscient de toucher « principalement les militants, les gens qui nous soutiennent » par ce réseau. Le directeur de la communication digitale affirme même que « suivre ou retwitter sur Twitter ne veut pas dire adhérer, ça permet de faire de la veille, contrairement à Facebook qui est plus dans le soutien ».

Plus généralement, Internet en tant que « mass media » devient donc un véritable lieu d’échange. Les partis sont conscients qu’un certains nombre d’électeurs s’informent moins sur les candidats par la presse quotidienne régionale, les programmes… Internet devient donc l’unique moyen d’informer à grande échelle.

Un instrument économique 

            Créer le débat à des coûts réduits. La bataille étant rude à Lyon, se démarquer des autres candidats n’est pas facile, surtout quand les budgets diffèrent. Le candidat centriste en est bien conscient et voit ainsi à travers les réseaux sociaux un outil pour rivaliser avec d’autres partis sans se ruiner. « On a vingt fois moins de budget pour la campagne que le PS et l’UMP donc Twitter nous permet de communiquer sans avoir à imprimer autant de tracts qu’eux » confie le chargé Web. C’est un outil primordial dans l’information des électeurs mais aussi de débat. Twitter étant un lieu public, tout peut se dire. « Je considère Twitter comme ultra efficace, car en gros avoir @lafonderic dans ses contacts, c’est un peu comme si vous pouviez vous adresser à lui directement ». Au Front national, le ton du discours est le même. Les réseaux sociaux permettent de construire un débat à moindre frais en touchant un grand nombre de personnes via les hashtags. Cela permet aussi une retransmission au monde journalistique. Toutefois, si cela s’avère efficace pour sensibiliser, rien ne remplace l’intervention en face-à-face. « Rien de tel que la vraie discussion entre humains pour convaincre » comme l’affirme Antoine Cagne.

Une compétition accrue

            Se démarquer des adversaires via le 2.0, devient une réelle stratégie politique. Travailler avec des personnes compétentes dans ce domaine est devenue un passage obligé pour une bonne maîtrise de la communication digitale. Au Front national, le directeur de ce domaine s’occupe de toute la communication de la liste Lyon Bleu Marine. Ses missions sont diversifiées, allant de la e-réputation du candidat, à la couverture des grands événements de la campagne en temps réel. L’objectif est de « faire rentrer l’internaute dans le quotidien de la campagne, dans une certaine proximité avec le candidat » certifie-t-on au FN.

La compétition se vit différemment au centre où la campagne sur le web passe essentiellement par le fait de « follower » par et pour les Lyonnais. « Au contraire des comptes Twitter du FN, gonflés de followers d’autres villes, qui se followent tous les uns les autres à travers toute la France pour faire exploser leurs stats » réagit le responsable web de E. Lafond. Au Modem, on préfère se faire passer le mot avec tous les membres de l’équipe pour faire circuler l’information en retweetant et que le maximum de personnes puissent lire l’information.

            Si les réseaux sociaux et Internet s’avèrent être de véritables vecteurs d’informations aujourd’hui, c’est aussi devenu un moyen d’attaque pour les adversaires. De nombreux comptes sont crées pour critiquer, lancer des rumeurs ou même parodier les candidats sans que cela soit réellement constructif.  La modernité politique s’inscrirait-t-elle dans le web 2.0 ?

Mélanie Huchon, Claire Mayeur, Pierre Steinmetz

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