Municipales à Lyon : Des femmes de tête avec Collomb

Myriam Picot et Odile Belinga sont toutes deux têtes de liste de Gérard Collomb pour les élections municipales des 23 et 30 mars prochains. La première est candidate dans le 7e arrondissement de Lyon, la seconde se présente dans le 1er. Lyonnaises d’origine, les deux socialistes sont avocates et mettent en avant cette participation de la société civile à la campagne. Portrait croisé*.

Portrait croisé !

Elles sont toutes deux avocates. Elles sont de la même génération. Mais l’expérience de l’une tranche avec la prudence de l’autre. Si Odile Belinga s’est présentée seule pour répondre à nos questions, Myriam Picot s’est fait accompagner de la chargée de presse de Gérard Collomb. Plus hésitante dans ses propos, la candidate du 7e arrondissement semble en effet peu familière à la parole politique. Odile Belinga, quant à elle, se montre confiante et sereine dans son discours. À 55 ans, cette fille d’un couple franco-camerounais manie avec aisance les codes du discours politique. Des détails qui révèlent des différences de parcours. En effet, ce n’est pas la première fois qu’Odile Belinga est candidate. En 1989, elle s’était déjà présentée aux côtés de Gérard Collomb pour les municipales lyonnaises. Alors, est-ce un retour ? Non se défend-t-elle, « ce n’est pas du tout Odile Belinga, le retour ! C’est Odile Belinga la progression, c’est très logique ». En revanche, pour Myriam Picot, la soixantaine, cette campagne marque bien ses premiers pas en politique.

La politique, une suite logique

Les deux femmes s’accordent à dire que le passage entre leur profession d’avocate et leur engagement en politique s’est fait naturellement. Première femme bâtonnier du barreau de Lyon, c’est dans le « cadre des relations entre le bâtonnier et sa ville » que Myriam Picot a commencé à côtoyer le maire sortant. Comme elle était proche du comité de soutien de Gérard Collomb, ce dernier lui a proposé de faire partie de ses listes en 2013. « J’ai tout de suite été très enthousiaste à l’idée de le soutenir » se souvient-elle. Elle reconnaît cependant que ce n’était pas quelque chose d’évident, jugeant son métier très prenant. Pour sa part, Odile Belinga se veut rassurante sur ce point, affirmant que « les avocats sont des gens qui ont l’habitude de travailler énormément, ils ont la capacité de répartir leur temps ». Pour elle, c’est surtout une question d’organisation, pour servir au mieux « l’intérêt commun ».

Des femmes de conviction

Pour Odile Belinga, les liens entre sa profession et le monde politique se sont aussi tissés à travers ses convictions. Elle assure que « le véhicule est différent, mais que la remorque est la même ». En tant qu’élue, elle compte bien continuer à défendre les Droits de l’Homme, tout comme elle le fait en tant qu’avocate. Par ailleurs, elle revendique également un projet féministe : « quand on vote pour moi on ne se trompe pas, on vote pour une féministe de gauche ». Une ambition partagée avec Myriam Picot, qui ajoute que ça ne lui « parait pas contradictoire avec la politique de Gérard Collomb ». Cependant, la présence de seulement 3 femmes sur les 9 têtes de liste du candidat socialiste ne semble pas choquer Odile Belinga. Elle rapporte ce fait à un problème plus général de la société française actuelle, dont le monde politique est un reflet condensé. À travers son engagement dans les municipales, elle compte bien faire entendre sa voix sur ces questions-là.

Des projets qui restent à préciser

Les projets des deux candidates pour leurs arrondissements respectifs reprennent les thématiques générales de la mairie centrale. Myriam Picot se montre ainsi enthousiaste vis-à-vis du programme de Collomb, qui « mêle urbanisme et vie locale ». Malgré tout, elle n’évoque aucune application concrète, affirmant simplement que « beaucoup de choses [lui] tiennent à cœur ». Elle mentionne par exemple le pôle sportif, expliquant que « c’est dans cette mandature-là que vont pouvoir être repensées à la fois la nouvelle affectation du stade de Gerland et la rénovation du Palais des Sports ». Mais cela reste flou. Cette réserve est partagée par Odile Belinga, qui estime qu’il serait déplacé de parler de ces projets avant le premier tour des élections. La « mise en musique pratique de [son] engagement se fera plus tard ». Il faudra donc attendre l’entre-deux-tours pour obtenir des modalités précises sur les actions envisagées par les deux têtes de liste.

Gauthier AUVERLOT, Audrey SÉRANDOUR et Alexis PATRI

*Interview avec Myriam Picot réalisée le 27 février 2014 et interview avec Odile Belinga réalisée le 11 mars 2014.

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